Exemple de clause de sortie – Accord de partenariat
Clause X : Sortie d’un associé et cession de participation
Notification de l’intention de sortie
Tout associé souhaitant se retirer du partenariat doit notifier par écrit tous les autres associés en précisant la date de sortie envisagée, laquelle ne devra pas intervenir avant un délai de 60 jours à compter de la date de notification.
Droit de préemption
Avant de céder sa participation à un tiers, l’associé sortant doit d’abord proposer sa participation aux autres associés à un prix déterminé par un expert-comptable indépendant agréé par l’ensemble des associés.
Les autres associés disposent de 30 jours à compter de la réception de l’offre pour l’accepter ou la refuser.
Modalités d’évaluation et de paiement
La valeur de la participation de l’associé sortant est déterminée sur la base des derniers comptes audités, ajustés de toute évolution significative jusqu’à la date de sortie.
Le paiement est effectué intégralement dans les 30 jours suivant la réalisation, sauf accord écrit contraire.
Approbation des cessions à des tiers
Si les autres associés refusent l’offre, l’associé sortant peut céder sa participation à un tiers, sous réserve de l’approbation écrite unanime des autres associés.
L’approbation ne peut être refusée sans motif légitime, mais peut l’être si le cessionnaire proposé est un concurrent ou présente un conflit d’intérêts.
Restrictions et confidentialité
L’associé sortant ne doit pas, pendant une période de 12 mois suivant la sortie, solliciter les clients ou les salariés du partenariat, ni divulguer d’informations confidentielles.
Règlement des litiges
Tout litige relatif à l’évaluation, à l’approbation ou aux modalités de sortie sera soumis à une médiation et, en l’absence de résolution, à une expertise par un expert-comptable indépendant.
Exemple de clause de sortie – Accord d’actionnaires
Clause Y : Sortie d’un actionnaire et cession d’actions
Notification de cession envisagée
Tout actionnaire souhaitant céder des actions doit notifier par écrit le conseil d’administration, en précisant le nombre d’actions et le cessionnaire proposé.
Droit de préemption
La Société et/ou les actionnaires existants disposent du droit d’acheter les actions aux mêmes conditions que celles proposées au tiers, dans un délai de 30 jours à compter de la notification.
Approbation du conseil
Aucune cession ne peut intervenir sans l’accord écrit préalable du conseil d’administration, lequel ne peut être refusé sans motif légitime. Le conseil doit répondre dans un délai de 14 jours à compter de la notification.
Mécanisme d’évaluation
Si le prix est contesté, un évaluateur indépendant (expert-comptable) détermine la juste valeur de marché, en utilisant les comptes audités les plus récents et la méthodologie d’évaluation convenue (par exemple, multiple d’EBITDA).
Droits de sortie conjointe et d’entraînement
Si un actionnaire majoritaire accepte une offre pour ses actions, les actionnaires minoritaires peuvent être tenus de vendre (drag-along) ou peuvent choisir de participer à la vente (tag-along) aux mêmes conditions.
Blocage et rachat forcé
En cas de blocage, tout actionnaire peut notifier les autres actionnaires en exigeant qu’ils rachètent ses actions à un prix déterminé par un expert-comptable indépendant, la réalisation devant intervenir dans un délai de 60 jours.
Restrictions et confidentialité
Les cessionnaires doivent signer un acte d’adhésion au présent accord. Les actionnaires sortants ne doivent pas concurrencer la société ni divulguer d’informations confidentielles pendant 12 mois après la cession.
Règlement des litiges
Tout litige relatif à la cession, à l’évaluation ou à l’approbation sera soumis à une médiation et, en l’absence de résolution, à une expertise.
Introduction
Les clauses de sortie sont la pierre angulaire de tout accord d’actionnaires ou de partenariat bien rédigé. Elles déterminent comment les parties peuvent quitter, vendre ou céder leurs participations, et ce qui se passe si les relations se dégradent ou si des opportunités stratégiques se présentent. Que vous soyez un associé souhaitant obtenir l’approbation d’une vente de parts, un actionnaire recherchant un rachat, ou un dirigeant envisageant une fusion, la structure et la rédaction des clauses de sortie peuvent faire réussir ou échouer votre opération — et vous protéger de litiges coûteux.
2. Pourquoi les clauses de sortie sont importantes : risques concrets et contrôle judiciaire
L’affaire récente Saxon Woods Investments Limited v Costa (Royal Courts of Justice, juin 2025) illustre comment des modalités de sortie peu claires ou contestées peuvent dégénérer en contentieux. Dans cette affaire, la Court of Appeal a examiné si un actionnaire pouvait imposer une vente ou bloquer une cession, ainsi que la manière dont la rédaction de l’accord affectait les droits des parties. Les juges ont examiné de près la procédure d’approbation des ventes, le mécanisme d’évaluation et l’équité des restrictions — rappelant à tous les dirigeants que des clauses vagues ou déséquilibrées peuvent être contestées et, si nécessaire, réinterprétées par les tribunaux.
3. Types de clauses de sortie : adapter à votre activité et à vos objectifs
Les clauses de sortie varient selon la structure de l’entreprise et les objectifs des parties. Les principaux types comprennent :
Droit de préemption (ROFR) : impose à un associé ou actionnaire vendeur de proposer d’abord sa participation aux parties existantes avant de la vendre à des tiers.
Exemple : Dans une société de personnes à deux associés, l’un doit donner à l’autre la possibilité d’acheter ses parts avant d’approcher des acheteurs externes.Droits de sortie conjointe et d’entraînement :
Le drag-along permet aux actionnaires majoritaires d’obliger les minoritaires à vendre si un tiers acquiert l’entreprise.
Le tag-along protège les actionnaires minoritaires en leur permettant de participer à toute vente initiée par la majorité.
Clauses de rachat / d’achat forcé : précisent quand et comment une partie peut être contrainte de vendre (par exemple, en cas de départ à la retraite, de décès, d’incapacité ou de manquement).
Exemple : Un accord de partenariat peut prévoir que les parts d’un associé sortant soient évaluées et rachetées par les associés restants.Clauses d’approbation / de consentement : exigent l’approbation du conseil ou des associés pour toute vente ou cession, souvent selon une procédure et un calendrier définis.
Exemple : Un actionnaire souhaitant vendre doit obtenir le consentement écrit du conseil, le refus n’étant possible que pour des motifs précis.Dispositions relatives aux fusions et acquisitions : traitent de ce qui se passe si l’ensemble de l’entreprise est acquis ou fusionné, y compris la répartition du produit et les personnes devant approuver l’opération.
4. Étapes pratiques pour rédiger et faire appliquer des clauses de sortie

Définir clairement les déclencheurs : préciser quels événements autorisent ou imposent une sortie — vente volontaire, retraite, décès, incapacité, blocage ou acquisition externe.
Établir les procédures d’approbation : détailler comment le consentement est demandé, quelles informations doivent être fournies et dans quel délai les parties doivent répondre.
Mécanismes d’évaluation : recourir à une évaluation indépendante, à des méthodes fondées sur des formules (par exemple, multiples d’EBITDA) ou à des fourchettes de prix convenues à l’avance.
Conseil : évitez la formulation vague « juste valeur » — les tribunaux pourraient devoir l’interpréter, comme dans Saxon Woods v Costa.Modalités de paiement : préciser le calendrier, les versements échelonnés et toute garantie pour les paiements différés.
Restrictions et protections : envisager des clauses de non-concurrence, de confidentialité et des restrictions sur les cessions à des concurrents.
5. Différences entre les partenariats et les sociétés
Partenariats :
Souvent plus personnels, avec des clauses de sortie axées sur la protection de l’activité en cours et des associés restants.
Peuvent inclure des dispositions de « good leaver » et de « bad leaver », avec des modalités d’évaluation et de paiement différentes.
L’approbation des ventes se fait généralement à l’unanimité ou à la majorité des associés.
Sociétés (accords d’actionnaires) :
Plus formelles, avec des procédures d’approbation par le conseil ou les actionnaires.
Les droits de sortie conjointe et d’entraînement sont courants, en particulier dans les entreprises financées par du capital-risque.
Les protections des minoritaires et les clauses de règlement des litiges sont essentielles.
6. Exemples de clauses et commentaires
Exemple de droit de préemption (ROFR) :
« Si un associé souhaite vendre sa participation, il doit d’abord la proposer aux autres associés à un prix déterminé par un évaluateur indépendant. Les autres associés disposent de 30 jours pour accepter l’offre. »
Exemple de clause d’approbation :
« Aucun actionnaire ne peut céder d’actions sans l’accord écrit préalable du conseil, lequel ne peut être refusé sans motif légitime. En cas de refus du consentement, le conseil doit fournir des motifs écrits dans un délai de 14 jours. »
Exemple de rachat en cas de blocage :
« En cas de blocage, l’une ou l’autre des parties peut notifier l’autre en exigeant qu’elle rachète ses actions à un prix déterminé par un expert-comptable indépendant, la réalisation devant intervenir dans un délai de 60 jours. »
7. Gérer les acquisitions et les fusions
Si une acquisition totale ou une fusion est envisagée, les clauses de sortie doivent traiter :
Qui doit approuver l’opération (conseil, actionnaires, associés).
Comment le produit est réparti (au prorata, actions de préférence, waterfall).
Ce qu’il advient des participations minoritaires et des parties dissidentes.
Tout droit de contester ou de bloquer l’opération.
8. Résoudre les litiges : négociation, médiation et contentieux
Commencez par la négociation et, si nécessaire, la médiation — reportez-vous aux clauses de règlement des litiges.
Si les parties ne parviennent pas à un accord, les tribunaux interpréteront l’accord, comme dans Saxon Woods v Costa, en tenant compte de l’équité, du contexte commercial et du comportement des parties.
Conservez toute la correspondance, les évaluations et les procès-verbaux du conseil comme éléments de preuve.
9. Conclusion
Les clauses de sortie ne sont pas de simples clauses types — elles constituent le filet de sécurité des dirigeants, associés et actionnaires. Que vous prépariez une vente, un rachat ou une fusion, prenez le temps de rédiger des dispositions claires, équitables et exécutoires. En cas de litige, agissez rapidement, demandez un avis indépendant et préparez-vous à un contrôle judiciaire. Une clause de sortie bien rédigée peut vous éviter des années d’incertitude et de contentieux.
Avertissement :
Ce document est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil médical, financier, fiscal ou juridique. Pour obtenir des conseils adaptés à votre situation particulière, consultez un professionnel qualifié.
Si vous avez besoin de plus de détails, notre Litiges liés à la vente d’entreprise : étapes techniques pour résoudre les problèmes d’évaluation par expert-comptable et de sortie peut vous aider.
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