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Qui possède le logo ? La bataille du « fichier source » dans le design graphique
Vous êtes graphiste. Vous passez deux semaines à créer l’identité de marque parfaite.
Le client adore. Il paie les 1 000 £ d’honoraires.
Puis il envoie un e-mail : « Pouvez-vous simplement envoyer les fichiers Photoshop et Illustrator avec calques ? Mon neveu veut faire quelques modifications. »
Vous dites : « Les fichiers source coûtent plus cher. »
Ils disent : « Quoi ?! J’ai payé le logo ! Il m’appartient ! »
C’est le litige le plus courant dans l’industrie créative. Les clients pensent avoir acheté « l’usine ». Vous savez qu’ils n’ont acheté que « la voiture ».
Sans contrat clair, ce malentendu peut entraîner des paiements retenus, de mauvais avis et des menaces juridiques.
Voici comment naviguer dans le champ de mines de la propriété intellectuelle (PI).
1. Droit d’auteur : régime par défaut vs cession
Le scénario : Vous concevez un logo. Aucun contrat n’est signé. Le client paie la facture.
Qui détient le droit d’auteur ?
La réalité juridique :
VOUS.
En vertu du Copyright, Designs and Patents Act 1988, l’« auteur » (créateur) est le premier titulaire du droit d’auteur, sauf si vous êtes salarié permanent.
Le client dispose d’une licence implicite pour utiliser le logo aux fins prévues, mais il ne possède pas techniquement les droits sous-jacents. Il ne peut pas vous empêcher d’utiliser ailleurs des éléments du logo, et il n’a peut-être même pas le droit de le modifier.
La solution :
Définissez le transfert selon vos conditions.
L’option économique (licence uniquement) : « Dès paiement, le Client obtient une licence perpétuelle et exclusive pour utiliser les créations finales pour son activité. Le Designer conserve la propriété. »*
L’option premium (cession) : « Dès paiement intégral de la facture finale, le Designer cède l’intégralité des droits d’auteur sur les Livrables finaux au Client. »*
(Conseil pro : ne cédez jamais les droits d’auteur avant le paiement. C’est votre levier ultime).
2. La distinction du « fichier source »
Le scénario : Le client exige les fichiers .AI, .PSD ou .INDD. Il veut modifier votre travail plus tard pour économiser le coût de vous réembaucher.
La solution :

Définition des livrables.
Votre contrat doit définir clairement ce qu’ils achètent.
« Livrables : fichiers PDF, JPEG, SVG et PNG finaux. »*
« Fichiers source (fichiers de travail) : NON inclus. Ils restent la propriété intellectuelle du Designer. Ils peuvent être achetés moyennant des frais de libération supplémentaires de [X] % du coût total du projet. »*
Traitez les fichiers source comme la recette secrète du chef. Vous vendez le plat, pas la formule.
3. Le piège de la « licence de police »
Le scénario : Vous utilisez une police premium (par ex. « Circular » ou « Helvetica Neue ») dans une brochure. Vous envoyez le fichier InDesign au client. Le client l’ouvre. Il est indiqué « Missing Fonts ». Il vous demande de lui envoyer le fichier de police par e-mail.
La réalité juridique :
C’est illégal.
Vous avez acheté une licence pour utiliser la police sur votre ordinateur (une « Desktop Licence »). Vous n’avez pas le droit de distribuer ce logiciel à d’autres. Si vous l’envoyez, vous enfreignez l’EULA (End User Licence Agreement) de la fonderie typographique.
La solution :
L’avertissement sur les polices.
« Le Client est responsable de l’achat de ses propres licences pour toute police commerciale utilisée dans son identité visuelle/ses supports sur ses propres systèmes. Le Designer ne peut pas légalement transférer de logiciel de police. »
4. L’enfer des « révisions illimitées »
Le scénario : Vous proposez des « révisions illimitées » pour conclure l’affaire.
Le client en est à la révision 42. « Peut-on rendre le bleu un peu plus… bleu ? »
Vous perdez de l’argent à chaque fois que vous cliquez sur « Exporter ».
La solution :
Limitez les révisions.
« Comprend 3 cycles de révisions de conception. Les révisions supplémentaires seront facturées au tarif horaire standard du Designer de £[X]. »
« Validation : une fois une maquette validée par e-mail, toute modification ultérieure sera facturée comme un nouveau travail. »
5. Le travail spéculatif (« juste un croquis rapide »)
Le scénario : Un prospect demande : « Pouvez-vous juste faire une maquette pour qu’on voie si votre style nous plaît ? »
Vous le faites. Ils disent « Non merci. »
Trois mois plus tard, vous voyez votre « croquis » comme leur nouveau logo, légèrement retouché par un designer moins cher.
La solution :
La clause de « kill fee » / PI.
« Tous les concepts et brouillons créés pendant la phase de proposition/pitch restent la propriété du Designer. Si le projet est annulé ou refusé, le Client n’a aucun droit d’utiliser, de copier ou de reproduire les concepts présentés. »
Pourquoi la revue de contrat est votre directeur artistique
Vous voulez concevoir, pas débattre des formats de fichiers.
La revue de contrat par IA agit comme votre « bad cop ». Elle définit clairement les « Livrables » par rapport aux « Fichiers source ». Elle protège votre PI sur le travail spéculatif. Elle garantit que lorsque vous remettez les fichiers, vous transmettez de la valeur, sans céder gratuitement vos droits.
Avertissement : les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne constituent pas un conseil juridique, financier, fiscal ou médical professionnel.
