Important : tout ce que contient cet article décrit des propositions du Gouvernement actuellement soumises à consultation publique, en juin 2026. Rien n’a été adopté en loi. La législation finale — si elle est adoptée — pourrait être sensiblement différente de ce qui est décrit ici. Il n’y a pas lieu de paniquer ni d’agir immédiatement.
Environ 3,5 millions de couples en Angleterre et au pays de Galles vivent ensemble sans être mariés. Près de la moitié pensent avoir des droits de « common law marriage ». Ce n’est pas le cas. Il n’existe aucun statut juridique de ce type en Angleterre et au pays de Galles, quelle que soit la durée de votre vie commune ou le fait d’avoir des enfants.
La consultation 2026 du Gouvernement, « A Fairer End to Relationships », propose le premier cadre juridique dédié aux concubins. Voici ce que dit le droit actuel, ce que le Gouvernement propose actuellement, et quelques éléments pratiques à envisager — sereinement, et à votre rythme.
Le droit : aujourd’hui vs. ce qui pourrait changer
Situation | Droit actuel | Ce qui est proposé |
|---|---|---|
Séparation après 5 ans, sans enfants — le partenaire est propriétaire du logement | Il faut prouver un intérêt juridique sur le bien au titre de TOLATA 1996. Aucune pension alimentaire, aucune demande sur la retraite. | Une demande fondée sur les besoins pourrait être disponible après 3 ans : besoins en logement, en capital, en revenus |
Séparation après 5 ans, avec enfants communs | Pension alimentaire pour enfant uniquement. Rien pour vous personnellement. | Le minimum de 3 ans proposé serait supprimé. Le parent gardien pourrait être en mesure de demander au titre de ses propres besoins |
Ensemble depuis 18 mois, avec un enfant commun | Pension alimentaire pour enfant uniquement | Le minimum de 3 ans proposé serait supprimé — une demande pourrait être possible dès la séparation |
Le partenaire décède sans testament | Vous n’héritez de rien automatiquement, quelle que soit la durée de la relation | Le Gouvernement propose que les concubins remplissant les conditions puissent hériter — la durée minimale de qualification fait encore l’objet de la consultation |
Vous avez cessé de travailler ou réduit vos heures pour vous occuper des enfants | Aucune reconnaissance juridique | Le tribunal pourrait être en mesure d’en tenir compte lors de l’évaluation des besoins en revenus et en retraite |
Vous avez des actifs et souhaitez les protéger | Aucune démarche formelle requise en droit actuel | Le cadre proposé s’appliquerait automatiquement — les couples devraient formellement s’en exclure |
Si vous avez moins de moyens et souhaitez être protégé
Dans le cadre proposé, le principe directeur serait les besoins — et non un partage égal. Il n’est pas proposé de partage 50:50 des actifs pour les concubins. Le tribunal examinerait ce dont vous avez réellement besoin pour atteindre l’indépendance financière, notamment :
Logement — pouvez-vous obtenir un logement adapté ?
Revenus — en particulier si vous avez réduit vos revenus ou quitté votre emploi pour vous occuper des enfants
Retraite — des années hors du marché du travail créent un véritable manque de cotisations
Besoins de santé — si vous avez été soutenu financièrement en raison d’une maladie ou d’un handicap
Durée de la relation — les relations plus courtes devraient donner lieu à des décisions plus limitées
La consultation propose également que le tribunal puisse prendre en compte les décisions prises pendant la relation ayant affecté votre situation financière — par exemple la réduction du temps de travail pour s’occuper d’un enfant — comme un facteur parmi d’autres lors de l’évaluation de vos besoins. Les biens discrétionnaires ou de luxe seraient exclus. Les versements de pension alimentaire en cours ne seraient possibles que dans des circonstances exceptionnelles (comme de graves problèmes de santé ou un handicap) et seraient limités dans le temps, sans décision à durée indéterminée.
Rappel : ce sont des propositions. La consultation est toujours ouverte. Le droit final, s’il est adopté, peut différer sensiblement de tout cela.
Deux seuils proposés qu’il vaut la peine de connaître
3 ans de vie commune avant de pouvoir accéder au cadre — seuil proposé comme supprimé si vous avez ensemble un enfant du foyer
2 ans après la séparation pour introduire une demande — au-delà, vous pourriez perdre totalement votre droit
Preuves — quelque chose à garder à l’esprit au fil du temps
Que ces propositions deviennent ou non loi, conserver des traces de votre vie financière commune est tout simplement une bonne pratique. En droit actuel (TOLATA 1996), des preuves de contribution financière peuvent déjà être pertinentes en cas de litige immobilier. Il n’y a pas d’urgence, mais il est utile de savoir quels types d’éléments comptent :
Montrer que la relation était réelle et engagée :
Baux communs, comptes bancaires joints, factures de services publics communes
Courriers du médecin généraliste ou de l’école mentionnant vos deux noms à la même adresse
Montrer une contribution financière :

Relevés bancaires montrant que vous avez payé le loyer, l’hypothèque, les factures ou financé des travaux
Justificatifs des périodes et des raisons pour lesquelles vous avez réduit votre temps de travail
Preuves des frais de garde d’enfants que vous avez personnellement pris en charge
Montrer un besoin financier :
Preuves des coûts de logement dans votre secteur par rapport à vos revenus
Relevés de retraite montrant des lacunes dues à des années hors du marché du travail
Éléments médicaux si la santé ou le handicap est pertinent
Rien de tout cela n’a besoin d’être rassemblé en urgence — mais savoir ce qui est utile vous évitera de le jeter sans y réfléchir.
Si vous avez des actifs et souhaitez les protéger
Selon les propositions, le cadre serait opt-out par défaut — ce qui signifie qu’il pourrait s’appliquer automatiquement dès que vous remplissez les conditions, sauf si les deux partenaires conviennent formellement de s’en exclure. Pour le faire valablement selon les garanties proposées, il faudrait :
Un accord écrit établi sous forme d’acte — pas une lettre ni un simple accord verbal
Une divulgation financière complète de la part des deux parties — revenus, actifs, dettes, retraites
Un conseil juridique indépendant pour chaque personne, séparément
Une déclaration signée confirmant que les deux parties comprennent les droits auxquels elles renoncent
Le Gouvernement propose que ni l’obligation de divulgation ni celle de conseil juridique ne puissent être écartées par accord.
Il est utile de savoir qu’un accord de concubinage rédigé maintenant, en vertu du droit des contrats existant, a déjà une valeur juridique — quel que soit le futur cadre. Ce n’est pas quelque chose qui doit être fait dans la précipitation, mais c’est un outil qui existe déjà.
Même dans le cadre proposé, les décisions seraient plafonnées : un concubin ne pourrait pas recevoir plus que ce qu’il aurait reçu en cas de divorce dans des circonstances autrement identiques. Le cadre est fondé sur les besoins, et non sur un partage de la richesse — il n’y a pas de présomption initiale proposée d’un partage 50:50.
En cas de décès : faites un testament quand vous serez prêt
La consultation propose que les concubins remplissant les conditions puissent hériter sur une base similaire à celle d’un époux lorsqu’un partenaire décède sans testament. Toutefois, la durée minimale de qualification pour les droits en cas d’intestat est toujours en cours de consultation — la Law Commission avait précédemment recommandé cinq ans (lorsqu’il n’y a pas d’enfants communs) et le Gouvernement n’a pas encore arrêté de chiffre. Les droits de succession et les droits à pension sont explicitement exclus du champ de cette consultation.
Le document de consultation lui-même précise que les règles de dévolution légale sont un filet de sécurité juridique et encourage explicitement tout le monde à faire un testament, en particulier lorsqu’il existe des souhaits spécifiques, des familles recomposées ou des enfants issus de relations précédentes. Un testament reste le moyen le plus fiable de s’assurer que votre succession ira là où vous le souhaitez — en droit actuel comme en droit futur.
Une note sur le calendrier — pas de réaction excessive nécessaire
Même si ces propositions sont approuvées à l’issue de la consultation, il y aura presque certainement :
Une période de contrôle parlementaire avant l’adoption de tout projet de loi
D’éventuels changements importants apportés aux propositions à la suite des réponses à la consultation
Un délai entre la sanction royale et l’entrée en vigueur de la loi — souvent de plusieurs mois à plusieurs années
Éventuellement une mise en œuvre progressive, avec des parties différentes de la loi entrant en vigueur à des moments différents
En bref : rien n’est imminent. La bonne réaction est la vigilance, pas l’alarme. Comprendre où en est actuellement le droit — et vers quoi il pourrait évoluer — vous place dans une meilleure position pour prendre des décisions éclairées au bon moment, avec un conseil adapté.
Éléments à connaître — à votre rythme
Votre situation | Ce qu’il est utile de savoir |
|---|---|
Vie commune depuis 2 ans ou plus, sans accord formel | Le seuil proposé de 3 ans n’est pas encore la loi — aucune action immédiate requise |
Enfants communs, quelle que soit la durée | Selon les propositions, aucune durée minimale ne s’appliquerait — utile à comprendre quand vous serez prêt |
Actifs ou biens à protéger | Un accord de concubinage a déjà une valeur juridique en droit des contrats actuel |
Aucun testament en place | Un testament est toujours utile — indépendamment de toute réforme proposée |
Séparation récente | Selon les propositions, une fenêtre de 2 ans pour agir pourrait s’appliquer — utile d’en être conscient si cela vous concerne |
Cet article est fondé uniquement sur le document de consultation du ministère de la Justice « A Fairer End to Relationships » (juin 2026).
Toutes les propositions décrites sont soumises au processus de consultation, au contrôle parlementaire, et peuvent changer de manière significative — ou ne pas être adoptées du tout. Même si elles sont adoptées, il y aura probablement une période avant l’entrée en vigueur de la loi, qui pourra elle-même être progressive.
Cet article ne constitue pas un conseil juridique, et aucune action immédiate n’est nécessaire ni suggérée.
