Application Daniels c. Walker. De quoi s’agit-il et quel est le critère juridique applicable aux témoins experts ?

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Résumé rapide : Une demande Daniels v Walker sollicite l’autorisation du tribunal pour désigner un second expert lorsque vous estimez qu’un rapport d’expert unique conjoint est défectueux ou insuffisant. Vous devriez l’envisager si la preuve d’expert est centrale dans votre affaire et que des questions écrites n’ont pas levé vos inquiétudes. Les tribunaux ne l’autorisent que pour des raisons réelles et techniques — pas simplement parce que le rapport initial déçoit.



Introduction

L’arrêt Daniels v Walker [2000] EWCA Civ 508 demeure une pierre angulaire du contentieux anglais lorsque la preuve d’expert est centrale. L’affaire a établi les circonstances dans lesquelles une partie peut demander à désigner un expert supplémentaire après qu’un expert unique conjoint (SJE) a rendu son rapport — une question qui se pose tant en matière de réparation financière qu’en litiges commerciaux.

En 2025, les principes issus de Daniels v Walker continuent d’orienter les tribunaux et les praticiens, d’autant plus que les litiges deviennent plus complexes et plus techniques. Ceux qui recherchent des informations sur ce sujet sont souvent des parties ou des conseils confrontés à un rapport SJE contesté, cherchant à clarifier leurs droits et l’approche probable du tribunal.

2. Le cadre juridique

Au cœur d’une demande Daniels v Walker se trouve le seuil du caractère « non fantaisiste ». Le demandeur doit démontrer une raison réelle et défendable de contester le rapport du SJE — une simple déception ou un avantage tactique ne suffit pas. Le pouvoir d’appréciation du tribunal est primordial, toujours encadré par l’objectif primordial (CPR 1.1/FPR 1.1) : traiter les affaires de manière juste, proportionnée et efficace.

Les principales règles de procédure comprennent :

  • CPR 35.1 / FPR 25.4 : Limiter la preuve d’expert à ce qui est raisonnablement nécessaire (ou, en matière familiale, « nécessaire »).

  • CPR 35.6 / FPR 25.10 : Les parties peuvent adresser des questions écrites aux experts.

  • CPR 35.7 : Le tribunal peut ordonner qu’une question particulière soit tranchée par un expert unique.

Les Family Procedure Rules reprennent les CPR mais ajoutent des contrôles supplémentaires, en particulier dans les procédures concernant les enfants, où le critère de « nécessité » est plus strict.

3. Le déroulement procédural

La séquence habituelle est la suivante :

  1. Les parties désignent conjointement un expert unique.

  2. En cas d’insatisfaction, une partie doit d’abord adresser des questions écrites au SJE afin de clarifier ou de contester le rapport.

  3. Si les inquiétudes persistent, le tribunal peut exiger une réunion entre le SJE et tout nouvel expert proposé afin de réduire les points de désaccord.

  4. Ce n’est alors qu’ensuite qu’une demande Daniels v Walker doit être présentée, afin d’obtenir l’autorisation de désigner un expert supplémentaire.

Le recours à un expert « fantôme » pour critiquer le rapport du SJE est courant, mais son rapport ne peut pas être produit sans l’autorisation du tribunal. Le calendrier est crucial : les demandes tardives risquent d’être rejetées, surtout si elles menacent de retarder le procès ou d’augmenter les coûts de manière disproportionnée. Le tribunal examinera si la demande vise réellement à corriger un défaut ou s’il s’agit simplement de « faire du shopping » pour obtenir un avis plus favorable.



4. Critères techniques et analyse judiciaire

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Lorsqu’il examine une demande Daniels v Walker, le tribunal procède à une analyse nuancée et sensible aux faits. Le caractère central de la question est essentiel : la preuve d’expert est-elle déterminante pour l’issue, ou n’est-elle que périphérique ? Les litiges techniques — par exemple en comptabilité judiciaire, en ingénierie ou en matière scientifique — sont plus susceptibles de justifier un second expert que les questions relevant du jugement ou de l’impression.

La proportionnalité est toujours au premier plan : le tribunal met en balance le coût et le retard liés à une preuve d’expert supplémentaire avec l’importance de la question et la nécessité d’un procès équitable. Dans les affaires familiales et concernant les enfants, la rareté des experts et le critère de « nécessité » (Children and Families Act 2014, s 13) ajoutent une rigueur supplémentaire, tandis qu’en contentieux commercial, l’accent porte souvent sur la complexité technique et les enjeux financiers.

5. Jurisprudence et exemples pratiques

L’autorité de référence, Daniels v Walker, a établi qu’une partie peut solliciter un second expert pour des « raisons qui ne sont pas fantaisistes », sous réserve du pouvoir d’appréciation du tribunal. Dans Bulic v Harwoods & Ors [2012] EWHC 3657 (QB), le tribunal a autorisé un second expert lorsque la question était technique et centrale au litige. Dans Hinson v Hare Realizations Ltd (2) [2020] EWHC 2386 (QB), le tribunal a souligné que le critère est fortement dépendant des faits et relève du pouvoir discrétionnaire.

Dans les litiges de consommation, tels que les actions en dommages corporels ou pour produits défectueux, le tribunal est strict sur la proportionnalité et n’autorisera que rarement un second expert, sauf si la question est réellement technique et déterminante. Dans les affaires de sociétés et de réparation financière, telles que les évaluations d’entreprise ou d’actifs, les tribunaux sont plus ouverts à un second expert lorsque le rapport du SJE est contesté de manière crédible sur des bases techniques, comme l’illustrent R v K (Financial Remedies: Conduct) [2018] EWFC 59 et FW v FH [2019] EWHC 1338 (Fam).

6. Présenter et contester la demande

Les demandeurs doivent exposer des motifs clairs et précis pour contester le rapport du SJE — en démontrant que la question est centrale, technique, et que les questions écrites ou les réunions d’experts n’ont pas résolu le problème. Des éléments de soutien, tels que la critique d’un expert fantôme, peuvent être convaincants mais doivent être maniés avec prudence en raison des risques liés au privilège et à la divulgation.

Les opposants devraient s’attacher à montrer que le rapport du SJE est solide, que la contestation relève simplement d’une divergence d’opinion, ou que la demande est tardive ou tactique. Les tribunaux sont attentifs au « shopping d’experts » et rejetteront les demandes qui semblent motivées par la recherche d’un avis plus favorable plutôt que par un défaut réel du rapport initial.



7. Approche du tribunal et pièges fréquents

Les tribunaux examinent les demandes Daniels v Walker avec attention, en conciliant les intérêts de la justice, de l’efficacité et de l’équité. Parmi les pièges fréquents pour les demandeurs figurent l’omission d’épuiser les questions écrites adressées au SJE, le dépôt de la demande trop tard dans la procédure, ou la présentation d’arguments purement tactiques plutôt que substantiels. Le tribunal refuse souvent l’autorisation si la question n’est pas centrale, si le rapport du SJE n’est pas fondamentalement défectueux, ou si l’autorisation d’un second expert entraînerait un retard ou un coût disproportionnés. Les juges se méfient également des parties qui tentent de « faire du shopping » parmi les experts et rechercheront des raisons réelles et techniques à la demande.

8. Conseils pratiques et astuces

Pour maximiser les chances de succès, les demandeurs devraient :

  • Identifier clairement le défaut technique ou le biais dans le rapport du SJE.

  • Démontrer que les questions écrites et les réunions d’experts n’ont pas résolu le problème.

  • Présenter la demande rapidement, avec des éléments de preuve à l’appui.

  • Traiter la proportionnalité, en expliquant pourquoi le coût et le retard sont justifiés.

  • Envisager des solutions alternatives, telles qu’une preuve d’experts concomitante (« hot-tubbing »), le cas échéant.

Pour ceux qui s’opposent à une demande, il faut mettre l’accent sur la solidité du rapport du SJE, l’absence de véritable litige technique et tout préjudice ou retard qui résulterait de l’autorisation d’un second expert.

9. Conclusion

Les demandes Daniels v Walker demeurent un mécanisme essentiel pour garantir l’équité lorsque la preuve d’expert est contestée. Le succès dépend de la profondeur technique, de la rigueur procédurale et d’une démonstration claire que la justice exige un second expert. Que ce soit en matière de réparation financière, de consommation ou de contentieux des sociétés, les parties doivent aborder ces demandes avec prudence, clarté et en se concentrant sur les questions centrales. Pour les justiciables et les praticiens, comprendre l’approche du tribunal et les pièges courants est essentiel pour naviguer dans ce domaine complexe du droit.



Avertissement : cet article ne constitue pas un conseil juridique, technique, financier ou fiscal. Les issues juridiques dépendent des éléments de preuve disponibles et de ce qui est soumis au tribunal.

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