Le partage Wells désigne le principe ou l’approche selon lequel le tribunal décide que, plutôt que de diviser immédiatement un actif, chaque partie partagera le produit futur lorsque l’actif sera finalement vendu ou réalisé. Il s’agit du concept de partage différé, généralement appliqué aux actifs illiquides.

Une ordonnance Wells est l’ordonnance judiciaire concrète qui met en œuvre le partage Wells. Elle précise les modalités exactes : le pourcentage que chaque partie recevra, comment et quand l’actif sera vendu, ainsi que toute mesure transitoire.





1. Pourquoi le partage Wells est important en cas de divorce

Le partage des actifs lors d’un divorce peut être complexe, surtout lorsque le patrimoine est immobilisé dans une entreprise ou un bien immobilier qui ne peut pas être vendu immédiatement. Le partage Wells offre une solution pratique, permettant aux deux parties de bénéficier équitablement des produits futurs sans imposer une vente perturbatrice ni sous-évaluer l’actif. Il vise à concilier équité et pragmatisme, afin qu’aucune partie ne soit désavantagée par le calendrier ou le manque de liquidités.





2. Quand le partage Wells est-il utilisé ?

Le partage Wells est particulièrement adapté lorsqu’une vente ou un partage immédiat d’un actif serait impraticable ou préjudiciable. Les cas courants incluent :

  • Les entreprises familiales pour lesquelles une vente forcée pourrait nuire à la valeur.

  • Les biens d’investissement avec des locataires ou des contraintes de calendrier de marché.

  • Les parts dans une société privée soumises à des restrictions de cession.

Par exemple, si un couple possède un bien locatif avec un bail à durée déterminée, le tribunal peut différer la vente et attribuer à chaque partie une part du produit lorsque le bien sera finalement vendu. De même, si une entreprise est florissante mais peu liquide, le partage Wells permet aux deux parties de bénéficier de sa réussite future.





3. Comment fonctionne le partage Wells en pratique ?

Une fois que le tribunal décide d’un partage Wells, il rendra une ordonnance Wells précisant :

  • Le pourcentage du produit net que chaque partie recevra.

  • La procédure de vente ou de réalisation.

  • Toute mesure transitoire, comme des pensions alimentaires jusqu’à la vente de l’actif.

Une coopération continue est essentielle : les deux parties doivent conserver des registres, convenir du moment de la vente et communiquer sur les conditions du marché. En cas de litige, une médiation ou de nouvelles directives du tribunal peuvent être nécessaires.



4. Chiffres et exemples

Exemple 1 : société de capital-investissement avec sortie différée

Les parties détiennent ensemble une participation de 35 % dans une société de capital-investissement, actuellement valorisée à 12 millions de livres sterling, mais le pacte d’associés de la société restreint toute vente ou cession de parts pendant les sept prochaines années. Le tribunal reconnaît qu’une vente forcée violerait les termes du pacte et pourrait dévaluer l’entreprise. Une ordonnance Wells est donc rendue : l’épouse reçoit 45 % du produit net de la vente ou du rachat futur de la participation du mari, à la date où cela se produira.

L’ordonnance précise que, jusqu’à l’événement de sortie, le mari doit verser à l’épouse 8 000 £ par mois au titre d’une pension alimentaire provisoire, ainsi que 45 % de toute distribution annuelle de bénéfices. Les deux parties doivent partager les informations sur la performance financière de la société et sur toute offre de rachat de l’entreprise. L’ordonnance traite également des dettes fiscales, en stipulant qu’elles seront déduites avant le partage du produit net.

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Exemple 2 : portefeuille immobilier commercial avec réalisation différée

Le couple possède un portefeuille de trois biens commerciaux à Londres, d’une valeur totale de 9 millions de livres sterling, avec des prêts hypothécaires en cours totalisant 3,5 millions de livres sterling. Les biens sont loués dans le cadre de baux de longue durée, et une vente anticipée entraînerait des pénalités importantes ainsi qu’une perte de revenus locatifs.

Le tribunal ordonne que les biens soient conservés pendant une durée minimale de cinq ans, après quoi ils devront être vendus ou refinancés. Lors de la vente, l’épouse recevra 55 % du produit net (après remboursement des hypothèques, des impôts et des frais de vente), reflétant sa contribution non financière plus importante à la famille. Entre-temps, le mari est chargé de la gestion des biens, mais les deux parties se partagent le revenu locatif net selon le même ratio 55:45. L’ordonnance prévoit un mécanisme de résolution des litiges relatifs à la gestion immobilière et impose un reporting financier annuel aux deux parties.

Exemple 3 : start-up technologique à la valeur future incertaine

Le mari est cofondateur d’une start-up technologique, actuellement valorisée à 20 millions de livres sterling sur la base du dernier tour de financement, mais l’entreprise n’est pas encore rentable et ne peut pas être vendue ni introduite en bourse avant au moins cinq ans. L’épouse a joué un rôle clé en soutenant l’entreprise durant ses premières années. Le tribunal rend une ordonnance Wells : l’épouse a droit à 35 % du produit net si et quand les parts du mari sont vendues, cédées ou réalisées dans le cadre d’une introduction en bourse.

L’ordonnance est complexe et exige que le mari informe l’épouse de tout événement de liquidité, et fournisse des mises à jour annuelles sur les performances de l’entreprise ainsi que sur toute offre reçue. L’ordonnance traite également du risque que la valeur de l’entreprise baisse ou augmente fortement, en précisant que la part de l’épouse est fondée sur le produit net réel, et non sur une valorisation fixe. Entre-temps, l’épouse perçoit 5 000 £ par mois au titre d’une pension alimentaire au titre du mariage, révisable si l’entreprise devient rentable ou si le mari perçoit des dividendes importants.

Types d’entreprises les plus adaptés au partage Wells :

  • Sociétés privées avec restrictions de cession de parts (par ex. entreprises familiales, sociétés de personnes professionnelles, sociétés de capital-investissement)



  • Entreprises ayant des perspectives de croissance à long terme mais sans marché immédiat à la vente (par ex. start-up technologiques, cabinets médicaux, cabinets d’avocats)



  • Portefeuilles immobiliers commerciaux avec baux à durée déterminée ou contraintes de calendrier de marché



  • Actifs dont la vente forcée entraînerait une perte de valeur importante ou violerait des obligations contractuelles

    Référence jurisprudentielle :
    Dans l’affaire Standish v Standish [2024] UKSC 0089, la Cour suprême a confirmé que le partage Wells est une solution équitable lorsque les actifs sont illiquides, et a souligné la nécessité d’ordonnances claires et exécutoires afin d’éviter de futurs litiges.



5. Défis juridiques et pratiques

  • Litiges sur le calendrier, la méthode de vente ou la gestion de l’actif.

  • Problèmes d’exécution si une partie retarde ou fait obstruction.

  • Conséquences fiscales et répartition des coûts.

  • Nécessité d’une rédaction claire et d’une communication continue.



6. Partage Wells vs. rupture nette

Une rupture nette signifie un partage immédiat et l’absence de liens financiers continus. Le partage Wells, en revanche, crée un lien continu jusqu’à la vente de l’actif. Cela peut être moins souhaitable pour ceux qui recherchent une solution définitive, mais peut être nécessaire pour parvenir à une répartition équitable.



7. Pièges et meilleurs conseils

Pièges :

  • Ordonnances mal rédigées.

  • Absence de mécanisme d’exécution.

  • Ignorer les risques fiscaux ou de marché.

Meilleurs conseils :

  • Obtenez des modalités claires et détaillées dans l’ordonnance Wells. Caira peut aider à explorer ou rédiger des modalités en quelques secondes.

  • Convenez de la procédure de vente et de la tenue des registres.

  • Envisagez une médiation pour les litiges futurs.

  • Conservez les registres de la gestion de l’actif et des communications.



Avertissement : cet article est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique, financier ou fiscal.

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