Les lieux de travail peuvent être difficiles pour n’importe qui, mais si vous vivez avec un PMDD (trouble dysphorique prémenstruel), un PME (aggravation prémenstruelle) ou si vous traversez la ménopause, l’impact peut être accablant.

Les sautes d’humeur, le brouillard mental, la fatigue et la douleur physique peuvent rendre même les tâches routinières impossibles. La bonne nouvelle ? Vous avez des droits. En vertu de l’Equality Act 2010, les employeurs doivent apporter des aménagements raisonnables si vos symptômes vous placent dans une position nettement désavantageuse par rapport aux autres. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement, et comment faire pour que cela fonctionne pour vous ?

Décortiquons cela, étape par étape, avec des exemples concrets et des solutions pratiques.

Que dit la loi ?

L’Equality Act 2010 vous protège si vous avez une atteinte physique ou mentale ayant un effet substantiel et durable sur votre capacité à accomplir les activités quotidiennes normales. Les symptômes sévères du PMDD, du PME et de la ménopause peuvent répondre à ce critère, surtout s’ils affectent votre travail, vos relations ou votre autonomie au quotidien. Vous n’avez pas besoin d’un diagnostic formel pour être protégé, mais en avoir un peut aider lors des négociations de changements.

L’obligation d’apporter des aménagements commence lorsque votre employeur sait (ou devrait raisonnablement savoir) que vous avez une atteinte et qu’elle vous désavantage. Ce qui compte comme « raisonnable » dépend de l’efficacité, du côté pratique et du coût de l’aménagement, ainsi que de son impact sur l’entreprise. Ce n’est pas un chèque en blanc, mais ce n’est pas non plus une simple formalité.

À quoi cela ressemble-t-il dans la vraie vie ?

Pour les personnes vivant avec un PMDD, un PME ou la ménopause, les aménagements raisonnables portent souvent sur la flexibilité, la gestion des symptômes et la compréhension. Par exemple, une personne qui souffre d’une grande fatigue ou d’un brouillard mental peut demander des horaires de début flexibles ou la possibilité de travailler depuis chez elle pendant les périodes de crise. Si vous ressentez des sautes d’humeur ou de l’anxiété, vous pouvez demander des points réguliers ou un espace calme pour vous recentrer. Si vous avez besoin de temps libre pour des rendez-vous médicaux ou un traitement, vous pouvez demander que cela soit pris en compte.

Les employeurs sont censés être proactifs, pas seulement réactifs — alors n’ayez pas peur d’entamer la conversation. Les aménagements pour les affections liées aux hormones sont aussi nécessaires que des rampes pour les personnes en fauteuil roulant.




Ai-je un PMDD ?

Ce qui se passe dans votre corps

Le PMDD (trouble dysphorique prémenstruel) est une forme sévère du syndrome prémenstruel. Il est lié à la façon dont votre corps réagit aux changements hormonaux du cycle menstruel, en particulier à la hausse et à la baisse des œstrogènes et de la progestérone. Ces variations hormonales peuvent affecter des neurotransmetteurs comme la sérotonine, qui jouent un rôle clé dans l’humeur, le sommeil et l’énergie. Le PMDD n’est pas causé par un déséquilibre hormonal, mais par une sensibilité accrue aux changements hormonaux normaux.

Comment cela vous fait ressentir les choses

Le PMDD peut provoquer des symptômes émotionnels et physiques intenses au cours des deux semaines précédant vos règles. Vous pouvez ressentir :

  • Des sautes d’humeur soudaines, de l’irritabilité ou de la colère

  • De l’anxiété, de la tristesse ou du désespoir

  • Des difficultés de concentration ou un « brouillard mental »

  • De la fatigue, des problèmes de sommeil ou un faible niveau d’énergie

  • Des symptômes physiques comme des ballonnements, des maux de tête ou des douleurs articulaires

Ces symptômes sont bien plus graves qu’un SPM classique et peuvent perturber votre vie quotidienne.

Comment cela peut vous affecter au travail

Le PMDD peut rendre le travail difficile, surtout si vos symptômes sont imprévisibles ou sévères. Vous pouvez avoir du mal avec :

  • La concentration et la mémoire, ce qui rend les tâches plus difficiles à terminer

  • La gestion du stress ou des relations au travail à cause des changements d’humeur

  • Le respect des délais ou la participation aux réunions pendant les périodes d’aggravation des symptômes

  • Le besoin de prendre du temps libre pour des rendez-vous médicaux ou du repos







Quels types d’aménagements aident vraiment ?

Les conseils génériques sont partout, mais allons dans le concret. Voici des aménagements qui font souvent une réelle différence pour les personnes vivant avec un PMDD, un PME ou la ménopause :

  • Horaires flexibles : Demandez la possibilité de travailler depuis chez vous, d’ajuster vos horaires ou de faire des pauses lorsque les symptômes sont sévères. Par exemple, si vous êtes chef de projet, vous pouvez demander à décaler votre heure de début pendant vos pires journées.


  • Temps libre pour les rendez-vous : Demandez un congé payé ou non payé pour des rendez-vous médicaux, une thérapie ou le suivi des symptômes.

  • Espaces calmes ou de repos : Demandez l’accès à une salle calme ou à un espace pour vous reposer si vous ressentez de la douleur, des bouffées de chaleur ou une sensation de débordement.


  • Soutien au suivi des symptômes : Demandez de l’aide pour suivre les symptômes et les tendances, par exemple à l’aide d’un calendrier partagé ou d’une application.

  • Communication claire : Demandez des consignes écrites, des points réguliers ou un préavis des changements de routine ou de réunions.

  • Formation de sensibilisation : Proposez une formation de sensibilisation à la ménopause et au PMDD pour les managers et les collègues afin de favoriser la compréhension et de réduire la stigmatisation.


  • Ajustements de la charge de travail : Demandez des changements temporaires des délais, des objectifs ou des missions pendant les périodes de symptômes sévères.

Comment demander des aménagements (et obtenir des résultats)

Il est naturel de se sentir anxieux à l’idée de demander de l’aide, mais une approche claire et pragmatique fonctionne le mieux. Voici comment faire :

  1. Rédigez une demande courte : Expliquez les difficultés précises que vous rencontrez au travail à cause du PMDD, du PME ou de la ménopause. Par exemple : « Je ressens une fatigue intense et un brouillard mental à certains moments du mois, ce qui affecte ma concentration et ma productivité. »


  2. Proposez des aménagements précis : Choisissez trois à cinq changements qui feraient la plus grande différence. Par exemple : « Puis-je travailler depuis chez moi pendant mes pires journées, avoir des horaires de début flexibles et accéder à un espace calme lorsque c’est nécessaire ? »

  3. Joignez des preuves : Si vous avez des notes de la médecine du travail, un journal des symptômes ou une brève auto-évaluation, incluez-les. Reliez vos difficultés aux tâches qui vous posent problème.

  4. Proposez une période d’essai : Suggérez une période d’essai de six à huit semaines, avec une date de réexamen pour ajuster ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.


  5. Conservez une trace : Envoyez votre demande par e-mail et gardez des notes des réunions et des actions convenues. Cela aide si vous devez relancer ou faire remonter le dossier.

Que doit contenir votre dossier de preuves ?

Vous n’avez pas besoin d’une montagne de paperasse. Un dossier simple peut inclure :

  • Les recommandations de la médecine du travail (si vous en avez)

  • Un bref descriptif du poste et des exemples de tâches affectées (par ex. fatigue, brouillard mental, symptômes imprévisibles)

  • Toute documentation clinique utile ou un journal des symptômes

  • Les aménagements proposés, directement liés à chaque difficulté

Pièges et points de vigilance

Il est facile de tomber dans des pièges courants :

  • Se limiter au diagnostic : Ne vous contentez pas de dire « j’ai un PMDD » ou « je suis ménopausée ». Expliquez comment cela affecte votre travail et ce dont vous avez besoin pour réussir.


  • Tout demander d’un coup : Priorisez d’abord les aménagements à fort impact et peu coûteux. Vous pourrez toujours en ajouter d’autres plus tard.


  • Pas de date de réexamen : Sans période d’essai et de réexamen, les aménagements peuvent s’essouffler ou être oubliés.


  • Le silence après la divulgation : Si rien ne se passe après votre déclaration, relancez. Utilisez les RH ou une procédure formelle si nécessaire.

Exemple concret

Sam, une responsable marketing atteinte de PMDD, avait du mal à gérer de fortes sautes d’humeur et une grande fatigue la semaine précédant ses règles. Après avoir partagé un journal des symptômes, sa manager a mis en place une période d’essai avec des horaires flexibles, a autorisé le télétravail pendant ses pires journées et a mis à disposition un espace calme pour ses pauses. En deux mois, la productivité de Sam s’est améliorée et ses jours d’arrêt maladie ont diminué.

Si vous avez du mal à obtenir des aménagements

Si votre employeur traîne des pieds, continuez à relancer. Si l’on ne vous écoute pas, envisagez de déposer une réclamation formelle. La conciliation anticipée d’ACAS est une étape préalable à toute demande devant un tribunal, et elle vaut la peine d’être utilisée si la situation ne s’améliore pas.

Réflexion finale

Naviguer entre le PMDD, le PME ou la ménopause au travail ne consiste pas seulement à tenir le coup — il s’agit de pouvoir s’épanouir. Les aménagements raisonnables ne sont pas une faveur ; ils constituent un droit légal. L’essentiel est d’être précis, pragmatique et persévérant. Commencez par ce qui fera la plus grande différence, poursuivez la conversation et n’ayez pas peur de demander ce dont vous avez besoin.

Pétition du The PMDD Project : https://petition.parliament.uk/petitions/738923

Initiatrice de la pétition : Elizabeth Burns
Coordinatrice des politiques et du plaidoyer, PMDD Project

Responsable de la correspondance ministérielle, vice-Premier ministre & secrétaire d’État


La pétition demande davantage de financement afin que le PMDD, le PME et la ménopause soient correctement pris en compte dans les soins de santé mentale. La soutenir, c’est contribuer à ce que ces questions soient repérées plus tôt et traitées avec l’attention qu’elles méritent, en particulier chez les adolescentes et les femmes qui pourraient autrement passer entre les mailles du filet. Chaque signature aide à faire avancer les choses pour de meilleurs soutiens au Royaume-Uni.

Avertissement : cet article fournit des informations générales à des fins pédagogiques uniquement. Il ne constitue pas un conseil juridique, médical, financier ou fiscal. Les résultats peuvent varier selon votre situation personnelle.

Si vous avez besoin de plus de détails, notre Anxiété : demander des aménagements raisonnables au travail peut vous aider.

Vous pourriez aussi trouver utile Syndrome de Down : demander des aménagements raisonnables au travail au Royaume-Uni.

Pour des questions connexes, voir Périménopause : demander un aménagement raisonnable au travail.

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